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La gouvernance citoyenne des territoires au coeur du développement de la Moyenne Vallée du fleuve Sénégal

Le programme « Gouvernance Citoyenne des Territoires » a été lancé le 27 avril à Bakel (Sénégal). Cet atelier fait suite à ceux organisés les 7 et 8 avril à Kaédi (Mauritanie) puis le 14 avril à Kayes, au Mali. Ces manifestations ont permis de partager, avec les acteurs locaux (élus, partenaires, société civile…), les enjeux de ce programme qui va structurer l’action du pôle Sahel du Grdr jusqu’en 2018. L’objectif est de renforcer les initiatives de développement sur 21 territoires de la Moyenne Vallée du Fleuve Sénégal, en tenant compte des réalités et des besoins de chacun d’entre eux. Pour y parvenir, il s’agira de renforcer les processus de décentralisation à l’œuvre dans les trois pays, d’appuyer le développement économique local et d’œuvrer en faveur des dynamiques transfrontalières. Avec en fil rouge le souci constant d’intégrer les plus défavorisés (les femmes et les jeunes notamment) et de soutenir la gestion durable des ressources naturelles. Ces activités, financées par l’AFD, l’Union Européenne, le CCFD, le CFSI, la Région Centre-Val de Loire et la Fondation Michelham s’inscrivent dans la continuité des différentes phases du programme PAIDEL-CT (2000-2014)que la Grdr a longuement porté.

Mieux répondre aux besoins des populations en renforçant le cadre institutionnel local

La Moyenne Vallée du Fleuve Sénégal, bien que divisée en trois états et donc en régimes juridiques distincts, constitue un ensemble homogène fait de caractéristiques, d’enjeux et de problèmes communs. Climat, structure de l’économie, populations, modes de vie, poids des migrations, démographie (plus de la moitié de la population à moins de 25 ans) sont autant de facteurs que partagent les 12 millions d’habitants de ces territoires. Pour contribuer au développement de ces régions, le programme Gouvernance Citoyenne des Territoires propose des actions innovantes ciblant 21 territoires situés de part et d’autre du fleuve.

Celles-ci passent par la mise en place ou le renforcement du cadre institutionnel local, notamment des instances décisionnaires que sont les collectivités territoriales (que ce soit à l’échelon communal, départemental, régional ou intercommunal en fonction des territoires, des législations et des enjeux). Mais en y impliquant également fortement les autorités déconcentrées, telles que les Agences Régionales de Développement. Ainsi, en tenant compte des contextes propres à chacun des territoires, ce programme a vocation à contribuer aux politiques publiques, notamment en matière de contrôle citoyen. En renforçant ainsi le « contrat social », le programme espère mieux impliquer les jeunes dans la vie démocratique locale, augmenter le taux de participation aux élections et améliorer le consentement à l’impôt.

Appuyer le développement économique

Un grand nombre d’habitants de ces territoires vivent en dessous du seuil de pauvreté (78% au Guidimakha (Mauritanie), 75% au Gorgol (Mauritanie), 62% à Kayes (Mali) 60% pour Tambacounda (Sénégal), 45% pour Matam (Sénégal)…) alors même que le PAIDEL-CT avait mis en avant un fort potentiel de croissance et de développement. Si le renforcement du cadre institutionnel local permettra de créer un environnement favorable au développement économique, il est également nécessaire de soutenir des petits producteurs locaux, à travers leurs coopératives et fédérations. Ainsi, des dispositifs d’appui à l’entreprenariat local seront proposés pendant que des stratégies de renforcement à la commercialisation seront mises en place, notamment aux bénéfices des producteurs du Groupement Communautaire du Bosséa et à aux exploitants de la Réserve Naturelle Communautaire du Boundou, au Sénégal. En Mauritanie, les producteurs de patate douce de Foum Gleïta continueront à être soutenus dans leurs activités de transformation et de commercialisation. Au Mali, en région de Kayes, il est prévu de mettre en place un processus de développement de la filière du baobab, de même qu’à Kéniéba pour la filière banane.

Les femmes et les jeunes seront des bénéficiaires privilégiés de ces activités. En effet, depuis maintenant de nombreuses années, le Grdr aide les coopératives féminines en vue de la transformation et de la commercialisation de produits agricoles locaux. Dans le même ordre d’idées, les communes de Sélibaby et de Kaédi seront amenées à mettre en place un dispositif d’appui aux initiatives économiques des jeunes, fortement touchés par le chômage.

Connecter les territoires de la Moyenne Vallée du Fleuve Sénégal

Bien que mis en œuvre selon les particularités de chacune des zones d’intervention, gouvernance citoyenne des territoires propose de les connecter, pour mieux les accompagner. La mise en réseau des différents acteurs impliqués dans leur développement est un des objectifs majeurs. Des outils basés sur les nouvelles technologies, facilitant la circulation de connaissances et des expériences seront proposés aux acteurs. Mais il s’agira surtout d’appuyer les initiatives permettant de les rassembler, comme c’est le cas par exemple avec le réseau des maires des communes riveraines du fleuve Sénégal, actuellement en cours de constitution. Réseau qui rassemblera des maires de commune des 3 pays concernés.

Cette dimension transfrontalière doit être pleinement prise en compte. Avant tout parce que pour les populations locales, elles, peuvent faciliter les dynamiques de développement. Et parce qu’elles sont aussi un facteur positif en faveur de la cohésion sociale et de la paix. Des foires permettant de mettre en relations producteurs et consommateurs, de part et d’autre des frontières, seront donc organisées. Puis un plan d’action transfrontalier, sur le modèle d’une intercommunalité, mais intégrant à la fois des collectivités Maliennes et Mauritaniennes, sera expérimenté dans le Karakoro.


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