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L’accès aux droits des personnes âgées immigrées

Selon l’INSEE, 32% de la population immigrée qui vit en France a 55 ans ou plus. Environ 10% vivent dans des foyers, alors que les autres habitent dans des logements diffus. En vieillissant, ces personnes font face à des difficultés bien spécifiques, peu prises en compte par les pouvoirs publics et les acteurs socio-sanitaires. A l’âge de la retraite, ils sont peu ou mal informés de leurs droits sociaux ou de santé et ils vivent souvent dans des conditions précaires et inadaptées à leurs besoins. Les procédures administratives d’accès au droit en France sont souvent complexes pour des personnes qui ne maîtrisent pas la langue française. D’autant plus à un âge ou l’usage d’internet n’est pas forcément naturel alors que les services publics ont tendance à y avoir recours de plus en plus. Pour faire face à ce problème, le Grdr organise des permanences et des animations afin d’informer les personnes âgées immigrées sur leur droit de retraite et de santé et de les mettre en contact avec les acteurs sociaux qui interviennent à proximité de leur lieu de vie.

Rester vivre en France à l’âge de la retraite

Pour la plupart des migrants, la question du retour se pose tout particulièrement à l’âge de la retraite, puisqu’ils perdent alors l’une des principales raisons pour lesquelles ils sont venus en France : le travail. La décision de rester en France ou non est souvent liée à l’environnement familial, social mais aussi psychologique et pratique. Au cours de ces années, ils ont construit leur vie en France, y ont acquis des droits en tant que travailleurs et résidents voire même en tant que nationaux. Certains se sont investis socialement économiquement dans leurs territoires d’accueil et ont évolué dans de nouveaux cercles sociaux, ce qui ne les empêche pas de conserver un lien fort avec le pays d’origine. Par exemple, parmi les personnes accompagnées par le Grdr, certaines ont bien souvent des enfants et/ou leurs conjoints resté au pays, à qui ils envoient régulièrement de l’argent, malgré une pension de retraite souvent plus faible que la moyenne. Beaucoup optent pour des allers-retours réguliers entre pays d’accueil et d’origine. Et vivre entre ici et là-bas n’est pas toujours simple d’un point de vue administratif, d’autant plus qu’il est obligatoire de vivre en France pendant une partie de l’année pour bénéficier de certains droits.

Des lieux de vie inadaptés à la santé fragile des personnes âgées

En ce qui concerne les questions de santé, des études mettent en avant la plus grande fragilité physique et psychologique des migrants vieillissants par rapport à ceux qui sont nés en France. Cela s’explique par des conditions de vie et de travail souvent précaires depuis leur arrivée en France (mal-logement, carences alimentaires, pénibilité du travail, etc.). La question de l’accès aux soins est donc primordiale, d’autant qu’ils se rendent plus rarement chez le médecin que les autres retraités alors qu’ils en ont probablement plus besoin. De plus, les logements de cette partie de la population sont parfois inadaptés, ce qui complexifie leur prise en charge par les services sanitaires de droit commun. Dans les foyers de travailleurs migrants, la moitié des personnes ont plus de 55 ans et les conditions de vie sont souvent difficiles (chambres de petites tailles, installations sanitaires vétustes, absence d’ascenseur, etc.). De plus, ce type d’habitat ne permet pas de bénéficier d’une aide à domicile (agent d’entretien, infirmièr-e…). Peu présents en maisons de retraite, 42% des immigrés âgés non ressortissant de l’Union Européenne résident en HLM, contre seulement 9% des personnes âgées non immigrées .

Des parcours professionnels difficiles à retracer

Les trajectoires professionnelles des migrants âgés sont souvent marquées par des emplois sous-qualifiés, faiblement rémunérés, parfois non déclarés ainsi que par de longues périodes d’inactivité liées à des difficultés d’insertion sur le marché de l’emploi. Cette précarité rencontrée tout au long de leurs carrières explique qu’ils soient surreprésentés parmi les bénéficiaires du minium vieillesse . De plus, il leur est souvent très difficile de réunir les documents permettant de régulariser leurs situations au moment du passage à la retraite : certains ont égarés leurs fiches de paie, n’étant pas toujours conscients de l’importance administrative qu’elles peuvent avoir… alors que d’autres ne les ont même pas obtenues au moment où ils travaillaient. La barrière de la langue et les problèmes d’identification (absence d’état civil dans le pays de naissance, erreur de transcription des noms, absence du livret de famille, etc.) rendent encore plus complexe les procédures administratives et juridiques. Et si les politiques publiques prennent de plus en plus en considération la situation des personnes immigrées âgées, les acteurs amenés à travailler directement avec ce public sont quant à eux insuffisamment informés des spécificités de cette partie de la population. La situation est encore plus préoccupante pour les femmes immigrées, moins visibles. Une fois retraitées, elles se retrouvent souvent avec très peu de moyens de subsistance, surtout en cas de décès de leur conjoint.

Un accompagnement personnalisé et adapté

Pour remédier à ce déficit, le Grdr a mis en place des permanences au sein du centre social J2P (Paris 19e) et de la « Maison pour tous » Berty Albrecht (Aubervilliers). L’objectif est d’accompagner individuellement ces immigrés âgés dans leurs procédures administratives. Remplir un dossier de retraite, une demande de RSA ou encore d’allocation pour adultes handicapés sont des démarches complexes, surtout pour des personnes qui ne savent pas toujours écrire, parler français ou utiliser un ordinateur. En parallèle, des animations sont organisées afin de mettre en relation ce public avec des acteurs socio-sanitaires, invités à être présents. Tout en informant les personnes âgées de leurs droits et des dispositifs existants, ce temps d’échange permet aussi aux acteurs sociaux de mieux connaître les particularités de cette partie de la population. Dans le même ordre idée des animations spécifiques a destination des professionnels amenés à prendre en charge les dossiers de retraite de ces personnes ont été organisés pour les sensibiliser aux difficultés rencontrés.


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