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Le programme DIAPOCO : lutter contre l’insécurité alimentaire dans les régions transfrontalières du Sahel

Le programme DIAPOCO se donne pour mission de soutenir les acteurs des territoires ruraux et transfrontaliers au Sahel, afin qu’ils soient en mesure de peser sur l’élaboration des politiques publiques. L’objectif : contribuer à mettre un terme à l’insécurité alimentaire qui frappe les ménages les plus pauvres de ces régions en accompagnant les organisations paysannes et les élus locaux des espaces transfrontaliers de 5 pays du Sahel (Sénégal, Mauritanie, Mali, Burkina-Faso et Niger). Le Grdr est partenaire de ce programme, initié conjointement avec le CCFD-Terre Solidaire et interviendra sur ses territoires d’action traditionnels ( Gorgol et le Guidimakha en Mauritanie, Matam et Tambacounda au Sénégal, et la région de Kayes au Mali aux côtés d’Afrique Verte Mali. Afrique Verte Niger (AcSSA) et Afrique Verte Burkina (APROSSA) assureront la mise en œuvre des activités au Niger et au Burkina Faso.}

L’agriculture familiale, le socle de la sécurité alimentaire au Sahel

Au Sahel, les régions rurales et proches des frontières, éloignées des grands centres économiques et des lieux de décisions, sont dominées à plus de 80% par une agriculture familiale. On y cultive des céréales, des fruits, des légumes et on y élève du bétail. Ces activités génèrent toute une dynamique économique qui assure des revenus et qui nourrissent les habitants à travers la transformation de produits agricoles, des petits commerces, des marchés… La position transfrontalière de ces régions y joue un rôle clé. La mobilité humaine et animale est un moyen pour les familles de faire face aux aléas et d’assurer leur subsistance.

Mais depuis une dizaine d’années, le Sahel subit une crise alimentaire récurrente. Des mauvaises récoltes dues à la sécheresse, la volatilité des prix des produits agricoles et les crises politiques, telle celle qui a frappé le Mali, ont fragilisé les capacités d’adaptation des ménages les plus défavorisés. Aujourd’hui, 10 à 20 % de la population vivant dans les zones concernées par le projet DIAPOCO ne peut pas s’alimenter de manière correcte. Les ONG tentent d’y faire face à travers des microprojets pour appuyer les petits paysans. Mais ces actions ne permettent pas de résoudre les problèmes dans la durée ni dans leur globalité. Raison pour laquelle le projet DIAPOCO aborde la question à l’échelle des politiques publiques et se fixe pour objectif de mettre en mesure les élus et les organisations paysannes de faire entendre leur voix et de peser sur les centres de décisions.

Sécurité alimentaire et politiques publiques

Les crises alimentaires (2005, 2010 et 2012) conjuguées aux émeutes de la faim de 2008, ont remis les enjeux de la sécurité alimentaire et du développement agricole au centre des débats. En conséquence, les états du Sahel reçoivent des financements internationaux qui se chiffrent en milliards. Or la redistribution de ses financements fait nécessairement l’objet d’arbitrages politiques. Et force est de constater que les petits paysans reçoivent très peu d’aide (voir pas du tout) au regard de leur poids démographique et du rôle qu’ils jouent pour nourrir leur famille et leur environnement.

Malgré cela, au lieu d’appuyer ces petits producteurs, les politiques nationales prennent souvent des orientations qui les mettent en difficultés. Sur la question foncière par exemple, cruciale en matière de sécurité alimentaire, les politiques publiques contribuent à la précarisation des petits paysans en favorisant l’implantation des multinationales, au détriment des petites exploitations. Sans même que les habitants des communautés rurales ne soient ni informés, ni en mesure de faire entendre leur voix. Parfois, comme en Mauritanie, c’est la question de l’accès aux infrastructures en eau, essentielles pour l’irrigation dans un contexte de diminution de la pluviométrie, qui fait l’objet de choix (ou « non-choix ») fragilisant les petits exploitants, alors même qu’il s’agit d’une question prioritaire.

Agir par-delà des frontières

L’ampleur et la fréquence des crises au Sahel font que la sécurité alimentaire d’un pays ne peut pas être assurée uniquement dans les limites de ses frontières. Les pays concernés par le DIAPOCO partagent un environnement agro-écologique et des problématiques similaires. La sécheresse, par exemple, ne s’arrête pas aux frontières administratives. Et les échanges transfrontaliers sont alors nécessaires pour faciliter l’approvisionnement de certaines zones déficitaires.

Pourtant, en période de crise, il est courant de voir des Etats opter pour des restrictions, voire des interdictions sur le commerce transfrontalier ou perturber les échanges vers les zones déficitaires. Et ce, alors même que tous les états concernés partagent un cadre institutionnel commun, le CILSS (Comité permanent Inter-états de Lutte contre la Sécheresse au Sahel). Celui-ci oriente les politiques publiques en matière de sécurité alimentaire dans les pays membres et est censé favoriser la coopération et l’intégration régionale en favorisant les synergies entre les différents acteurs. Sans pour autant que cela n’empêche que des choix politiques nationaux ne mettent encore plus en difficultés les populations vivant à proximité des frontières.

Appuyer les organisations paysannes et les élus des régions reculées du Sahel

En permettant aux élus et aux organisations paysannes de ces régions rurales éloignées des centres de décisions de mieux maîtriser les processus et enjeux associés aux politiques publiques en matière de sécurité alimentaire, le projet DIAPOCO se donne pour mission de développer leur expertise et leur plaidoyer dans ce domaine. Raison pour laquelle les principales activités du programme consisteront à analyser les politiques publiques et à étudier le processus d’élaboration, à mettre en réseau tous ces acteurs entre eux et avec les fédérations nationales d’organisations paysannes, mieux outillées et plus proches des centres de décision, et à valoriser les pratiques innovantes et réussies des petits producteurs locaux.


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