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Entretien avec juliette Loez - Animatrice des ateliers de pratique du français à Lille

Le Grdr a accompagné un groupe de femmes immigrées au sein du Centre Social et Culturel Lazare Garreau dans la réalisation d’un « Guide des adresses utiles de Lille-Sud ». Le but ? Faciliter le repérage des associations et services du quartier de Lille-Sud, de manière collective, en impliquant les principales concernées dans sa réalisation. Au travers d’ateliers de pratique de la langue et d’ateliers artistiques, ces femmes ont ainsi appris à construire des itinéraires, utiliser les bonnes formules grammaticales, se servir d’un appareil photo ou encore créer des pictogrammes. Juliette Loez, animatrice des ateliers de pratique du français, nous explique ce processus.

Qui sont les personnes qui ont travaillé à la réalisation de ce « Guide des adresses utiles de Lille-Sud » ?

Les personnes qui ont participé à ce projet sont des femmes, majoritairement d’origine maghrébine. D’un côté nous avons des jeunes femmes primo-arrivantes, âgées de 30 à 40 ans. Elles ont fait des études et ont des diplômes dans leurs pays d’origines mais rencontrent des difficultés à les faire valoir ici. De l’autre côté, nous avons des femmes plus âgées, arrivées en France il y a une vingtaine d’années. Bien souvent cantonnées au cercle familial, elles sont moins autonomes et échangent très peu avec l’extérieur, ce qui explique que même après de nombreuses années de présence sur le territoire elles aient une faible maîtrise de la langue française.

Quelles sont les situations et difficultés auxquelles elles font face dans leurs démarches d’insertion en France ?

D’abord et avant tout la barrière de la langue et la difficulté à trouver un emploi ou une formation pour une partie d’entre elles. La moitié d’entre elles est mère d’enfants en bas âges et elles assument la majorité des tâches domestiques, ce qui ne leur permet pas non plus d’entreprendre tout ce qu’elles souhaiteraient.

Un des gros avantages de l’atelier est de leur proposer de venir avec leurs enfants. Si elles n’ont pas de solution de garde, elles peuvent tout de même participer.
Enfin, pour certaines, l’une des difficultés était de s’émanciper de l’autorité du mari : nos ateliers, assimilés à des cours de français, leur donnaient une raison valable de sortir de chez elles. Si on avait proposé une activité culturelle ou artistique, ça ne se serait pas forcement passé de la même manière.

Comment vous est venu l’idée de réaliser cet ouvrage en faisant participer les femmes ?

Lors des ateliers que nous organisions dans les centres sociaux et où nous les accueillons, elles exprimaient régulièrement le besoin de gagner en autonomie : connaître et savoir se rendre dans les lieux dont elles pourraient avoir besoin, pouvoir communiquer dans ces contextes. Par exemple, elles souhaitaient s’émanciper de la copine ou de la belle-fille qui jouait le rôle d’interprète et être capable de formuler seules une demande simple, comme une demande de carte de bibliothèque.

L’objectif était donc de faciliter le repérage d’associations et de services dans le quartier, pour des personnes nouvellement arrivées. Pour les participantes, elles-mêmes habitantes du quartier, les ateliers qui ont mené à la création de ce guide leur ont permis de découvrir des lieux et structures qu’elles ne connaissaient pas. Plus globalement, cela répond à l’objectif de sentir que l’on fait pleinement partie du quartier.

A terme, qu’est-ce que ce travail autour de la réalisation de ce document leur a apporté ?

De la confiance en elles et une certaine fierté. Ces femmes sont fières du guide et elles en sont le relais. Elles sont fières de le montrer, de le faire connaître et de le partager. Notre seul regret est de ne pas avoir pu communiquer dessus à travers un événement où elles auraient été mises en valeur.

Sont-elles toujours en contact entre elles ?

Un bon nombre d’entre elles continuent de se voir. Certaines se connaissaient d’avant, d’autres se sont rencontrées lors du projet. Dans les deux cas, des liens et des amitiés se sont installés.
Malheureusement, la crise sanitaire du Covid a coupé beaucoup de chose. Une partie des femmes craint de se réunir et d’être contaminées. Pour la plupart, c’est à nouveau une bataille pour rompre l’isolement et poursuivre les efforts qui ont été fait.


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