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Portrait : Mohamed Souleyman

Originaire du Soudan, Mohamed Souleyman est passé par la Libye et la Méditerranée avant d’arrivée en France en 2016. Face aux nombreuses difficultés que doivent affronter ceux qui arrivent en France, de la demande d’un titre de séjour à l‘apprentissage du français et à la recherche d’un emploi, Mohamed a su s’appuyer sur le tissu associatif de l’Ile-de-France. Son parcours se caractérise par son engagement continu pour les autres et dans la réalisation de ses propres projets, ici et ailleurs.

Des défis administratifs et linguistiques dès l’arrivée en France

Perdu lors de son arrivée en France, Mohamed se tourne rapidement vers le milieu associatif. Accompagné par plusieurs associations, il se concentre “d’abord sur l’apprentissage de la langue”. Il suit des cours de français et une formation en anglais avec l’association Kolone. Mohamed trouvait d’ailleurs que “la langue française était vraiment difficile”. Mais pendant ce temps, son installation est bloquée par des difficultés administratives. L’accès à un titre de séjour est indispensable pour avoir droit à la protection sociale, pour accéder à un logement, à des droits sociaux, à un travail… Il se souvient : « Le droit de rester, ça prenait du temps. »

Avec beaucoup de patience, il réussit à obtenir un statut de protection ainsi que le niveau B2 en français, nécessaire pour intégrer une formation et trouver un emploi en France.

Des formations qui ouvrent des portes

A force de persévérance, Mohamed a obtenu un diplôme universitaire « Français langue et culture » à l’IUT Paris Descartes qui l’a « aidé pour trouver un travail ». Il suit également les cours de droit à l’Université Paris 8 en tant qu’auditeur libre.

En 2019, il fait ses premiers pas dans une grande enseigne américaine de café. Il y prépare et sert des boissons et accueille les clients : “une belle expérience professionnelle”. Pour faire des économies, il accumule des heures de travail, la semaine et le week-end, à la fois dans son café, mais aussi à son compte en tant que conducteur de taxi VTC.

Intéressé par le milieu de l’hôtellerie, il se fait accompagner par le Grdr pour décrocher une formation de réceptionniste, domaine dans lequel il espère "évoluer très vite”. Son expérience avec les clients et sa maîtrise de plusieurs langues (Arabe, Anglais, Français), lui confèrent le profil idéal. Il rédige donc son CV et sa lettre de motivation et candidate à une formation au sein de laquelle il sera accepté.

Cette formation débute en septembre pour une durée de 8 mois. Si tout va bien, cette formation rémunérée lui permettra d’avoir un diplôme reconnu par l’État et lui facilitera les démarches pour trouver un travail et préparer sa demande de naturalisation française. “C’est une chance !”

Trouver sa place par l’engagement associatif

Dès son arrivée en France, Mohamed intègre activement des associations parisiennes pour se faire accompagner dans ses démarches administratives et son apprentissage de la nouvelle langue.

Lorsqu’il découvre ce milieu, il n’hésite pas à y devenir à son tour bénévole. Il participe notamment à des maraudes avec l’association SAWA, Entraide citoyenne et l’association anglaise médicale Mardi, engagée pour l’accès aux soins des personnes réfugiées et exilées. Il donne également de son temps pour des missions de traduction et d’interprétariat pour « accompagner des personnes lors de leurs entretiens ou rendez-vous ».

Aujourd’hui, l’associatif reste pour lui un pilier central. Il insiste sur le fait que le monde associatif lui permet de se sentir « à l’aise, en rencontrant de nouvelles personnes, en parlant avec les gens ».

Des perspectives futures en France et au Soudan

Tourné vers l’avenir, Mohamed a des projets plein la tête. Une fois qu’il aura acquis de l’expérience en hôtellerie, il a envie “de retourner au Soudan et de travailler dans l’agriculture et le commerce”.

Il y a d’ailleurs déjà acheté des terres agricoles, avec l’espoir d’y cultiver des arachides et du sésame, qu’il souhaite ensuite importer en Europe : « Ca passe partout, même en Europe ! Ici [en Europe] c’est plus pour les gâteaux, alors qu’au Soudan, l’huile de sésame est utilisée pour soigner aussi, c’est plus cher que les autres huiles, il est très riche ».

Propos recueillis par Hannah Bramekamp et Mélanie Hay.


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